"Entrer dans la lumière après avoir appris l’ombre par cœur". Cette phrase du peintre Léonard Valette fait écho en moi. 

J’aime les clairs-obscurs, les contrastes, la texture, la force, la vitalité. Les matières me fascinent. Ce n’est pas le sujet qui m’importe mais l’émotion qui va sortir en le regardant. J’ai besoin de toucher, de sentir, de faire corps avec ma matière pour me sentir complète. Je fais fi des concepts : j’écoute la toile, le métal, et je me laisse guider. J’apprivoise l’œuvre petit à petit à mesure qu’elle naît. C’est souvent une « lutte », que j’aime, pas faite d’agressivité mais de force, de persévérance et de ténacité. Même quand je peins, je ressens cette lutte.

Lors d'un voyage en Asie en 2011, où je suis partie avec juste des stylos, du fil et un bout de toile, j’ai découvert et laissé sortir une nouvelle partie de moi; de la douceur, de la légèreté, de la féminité, plus aucune lutte ! Etait-ce dû aux pays « zen » que je traversais,  à  la gentillesse des gens? Ou était-ce juste le moment pour moi de laisser sortir ces traits ? En rentrant je n’ai plus peint, mais dessiné sur la toile afin d’explorer ce nouveau chemin.

Parallélement, j’ai commencé à faire beaucoup de montagne : marche, escalade, alpinisme...Je me suis rendue compte que ma « lutte » avait repris mais sur un autre terrain de jeu : un terrain de terre ou de neige, de vertige et de roche. Aujourd’hui, je me remets à peindre, avec une autre conscience. Ma lutte me paraît plus douce, la passion de la montagne l’a peut-être transformée ?
Elle me nourrit et m'apporte une nouvelle énergie pour la création qui m'est vitale.

"Véronique Marmet fait partie de la catégorie de ces peintres invaincus, qui ne se laissent pas tromper par les faux-fuyants. Ils persévèrent jusqu’à ce que la nature en soit réduite à se montrer toute nue et dans son véritable esprit. La forme est dans ses figures ce qu’elle est pour nous: un truchement pour nous communiquer des idées, des sensations, une vaste poésie. Par le glacis, mince couche de peinture transparente destinée à donner une sorte de relief irisé à une couleur qui a déjà séché, elle nous emmène dans un univers trempé de lumière. Dans son oeuvre sculptée, il lui faut certainement de la foi dans l’art et vivre longtemps avec la matière pour produire une semblable création. Il faut regarder attentivement son travail, et on comprend mieux ce que veut dire le modelé et les contours, le réhaut prôné par les anciens.

 

Nelly L’Epplatenier 2008"

Naissance à Lausanne en 1969.

Véronique a toujours été créative, mais la nécessité de peindre lui apparaît comme une évidence lorsqu'elle découvre la peinture à l'huile à l'âge de 16 ans. Trois ans plus tard, elle part s'installer à New York. Là, loin de sa culture et de ses repères, l'urgence de partager et de communiquer fait naître son propre langage, sa signature.

Parallèlement, elle s'initie à d'autres expressions de l'Art, prend des cours de céramique avec Anne Campiche, de modelage et de sculpture sur pierre avec David D'Ambrosio, de gravure avec Corinne Rod, de moulage ciment avec Yolande Biver et de sculpture sur métal avec Lewis Hofmann. 

Le feu et le métal occupent dès lors une place importante dans son activité artistique; ils lui offrent un sentiment de plénitude qui lui permet de se fondre corps et âme dans la maîtrise de la matière. Très proche de la nature, Véronique nourrit son art de tous les paysages qui composent notre planète. Dès qu'elle le peut, elle s'évade, part en voyage; elle en revient l'esprit chargé de cette part de mystère qui caractérise si bien son oeuvre.

Avec une passion chaque jour renouvelée, Véronique se joue de la lumière et sublime les ombres. Sous ses mains, les clairsobscurs, les matières et les textures s'animent avec une vitalité réjouissante!